La mode féminine au 20ème siècle


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Ce n'est pas un cliché d'écrire que si l'on veut comprendre l'évolution de la condition féminine au 20ème siècle (et à travers les siècles) il faut se pencher sur la mode vestimentaire ...

La mode en 1900 ou la Belle Epoque

Directement inspirée par l'Art Nouveau, elle se caractérise par sa souplesse, les courbes, les volutes et l'usage de la dentelle.


Les jupes ont perdu leur ampleur en abandonnant la crinoline et sont portées sur de simples jupons.

Grâce au nouveau corset droit, les hanches et fesses sont projetées en arrière, les reins très cambrés, tandis que la poitrine pigeonne. De profil, la femme a donc une silhouette dite en S.

Cela permet aux femmes (aisées) dans la veine hygiéniste apparue au milieu du siècle précédent, de s'adonner aux sports (autre que l'équitation) : comme faire de la bicyclette, de la natation voire du golf.

On continue de porter des chapeaux, des gants et des ombrelles.


Les grands couturiers de l'époque sont la maison Worth (dirigée désormais par ses deux fils), son grand rival Jacques Doucet, Jeanne Paquin et les Sœurs Callots.

Quelques égéries célèbres, souvent comédiennes de théâtres (peut-être un peu cocottes ?) Lilly Langtry et Miss Sedley.

La mode féminine en 1910

Finie la Belle Epoque, la guerre qui débute en 1914 et l'industrie textile ainsi mobilisée font le haro sur la frivolité, la mode féminine stagne donc.

La jupe culotte créée pour la bicyclette s'améliore et le sac à main se porte en très longue bandoulière.

En revanche, même si le corset est toujours présent, les sous-vêtements deviennent plus ergonomiques.

Les grands couturiers de l'époque se nomment Paul Poiret, très influencé par l'orientalisme et Mariano Fortuny, par l'antiquité et ses drapés.


Une égérie de cette époque, la célèbre Molly Brown, qui avait survécu au naufrage du Titanic.


La mode en 1920, les Années Folles

La mode réapparaît transformée par les privations : les jupes se portent courtes (en dessous du genou), le tailleur a été adopté : tenue de ville confortable et pratique.


Les femmes ont dû travailler pendant que les hommes étaient au front, elles se sont émancipées. C'est l'apparition de la silhouette à la garçonne, les jupes se raccourcissent de façon audacieuse, les seins comprimés par un bandeau (pour accentuer le côté androgyne) la taille n'est plus marquée, out les corsets !

Grâce aux grands paquebots qui relient l'Europe et les États-Unis, les deux continents s'influencent en termes de mode.

Le sport et l'automobile influencent de plus en plus les vêtements.

Les grands couturiers de l'époque sont Jean Patou, Jeanne Lanvin et bien sûr Gabrielle "Coco" Chanel.


Deux célèbres égéries Louise Brooks et Josephine Baker.

La mode en 1930, les années glamour

Avec le krach boursier de Wall Street en 1929 et la crise économique qui suit, de nombreuses fortunes s’effondrent, le chômage et la pauvreté se répandent. Cela a, bien sûr, un impact considérable sur le monde la mode.

La rupture est totale avec la mode androgyne d'avant, la silhouette devient beaucoup plus sinueuse, souple, élancée, avec des hanches fines, une taille marquée et des épaules larges.


La gaine en latex et le soutien-gorge mettent les courbes plus en valeur.

Les vedettes hollywoodiennes (Marlene Dietrich, Joan Crawford, Greta Garbo, Jean Harlow) symbolisent l’image de cette nouvelle femme , grande, épanouie, romantique.

Le port du pantalon ne fait plus scandale et on ose s'exposer franchement au soleil.

Madeleine Vionnet et Elsa Schiaparelli deviennent les deux grands noms de cette décennie.

La mode en 1940, ou le système D

La seconde guerre mondiale entraîne une ère de minimalisme forcé. Les restrictions touchent également le monde du textile. Les matières premières sont rares et chères. Cette situation impose une mode de circonstance due aux privations : jupe courte (en dessous du genou), épaules carrées, petit chapeau bricolé avec des morceaux de rideau ou turban, chaussures à semelles compensées en liège ou en bois. On peint une fausse couture sur ses jambes pour imiter les bas, et puis on s'en passe : à la fin de la guerre, il n'est plus inconvenant de sortir en sandales avec des socquettes.

Le New look fait son apparition grace à Christian Dior en 1946, épaules étroites et tombantes, une taille de guêpe excessivement fine, des hauts ajustés, Les jupes se rallongent jusqu’au mollet et sont amples et fluides. Les talons aiguilles font leur retour.



Encore des actrices hollywoodiennes comme dignes représentantes : Ingrid Bergman, Lauren Baccall, Veronica Lake et Katharine Hepburn.

La mode des années 1950

Les restrictions dues à la guerre arrivent à leur fin. Retour des matières précieuses, fin des économies et du recyclage (l'upcycling n'a rien de récent !)

Le duffle coat et le chignon choucroute deviennent populaires. Les jupes sont parfois gonflées de jupons en tulle.

Les chaussures à bride sont en vogue.

En 1954, Coco Chanel lance le tailleur comme une sorte de réaction au New look de son concurrent Christian Dior.

Yves Saint Laurent fait ses premiers pas chez Dior.



Les égéries de l'époque sont plus modernes encore, outrageusement féminines, incandescentes, ou lianes mutines, et princesse moderne. Grace Kelly, Marilyn Monroe, Audrey Hepburn et Ava Gardner.

La mode des années 1960

Les jupes raccourcissent, les collants remplacent les bas, le prêt à porter prend enfin son essor.

Le talon aiguille et galbé fait place peu à peu au talon carré, les bottes et low boots ont un succès fulgurant et se marient parfaitement avec la mini jupe !

On utilise de nouvelle matière comme le plastique et le métal.

Les créateurs s'appellent Mary Quant, Courrèges, Pierre Cardin et Paco Rabanne.


Jean Seberg, Brigitte Bardot, Catherine Deneuve (et sa soeur Françoise Dorléac) Twiggy et Diana Rigg (l'Emma Peel de "Chapeau Melon et Bottes de cuir) représentent bien la femme de cette époque.

La mode des années 1970

On aime la nature : c'est la grande décennie du Hippie

Les femmes se maquillent très peu, la femme idéale de cette époque ne doit pas s'embarrasser l'esprit avec des futilités. Au contraire elle doit répandre derrière elle les notions d'amour et de paix symbolisées par les couleurs vives et les fleurs simples comme la marguerite. Les cheveux sont à nouveaux longs et plaqués.

On manifeste pour que cesse la guerre du Vietnam.

Les pantalons à pattes d'éléphants sont rois, et dans la vague glam-rock, même les hommes mettent des talons hauts !

Mais à la fin de la décennie, une nouvelle révolution est en marche : celle du disco et de la boucle. La permanente emporte un succès fou avec la comédie musicale "Hair" et la coupe afro.


Farrah Fawcett est l'égérie des années 1970, mais aussi Jane Fonda et Jane Birkin, le groupe ABBA, et David Bowie :-)


La mode des années 1980

Elle devient matérialiste et met l'accent sur l'apparence. Logo, marques, couleurs, maquillage, la tenue et les accessoires doivent être ostentatoires. Le corps sportif est moulé dans des vêtements — parfois fluo — épousant la moindre forme.

L'influence américaine est plus sportive et bling-bling, celle venue d'Angleterre, plus sombre, sobre et minimaliste.

La Haute Couture mourante, représentée par les deux monstres sacrés St Laurent et Givenchy retrouve ses clientes : on revient à Paris où la mode est créative et omniprésente : Mugler, Montana, Gaultier, Kenzo et Alaïa en sont les vedettes.

C'est à la fin de la décennie que Christian Lacroix arrive.

Les égéries sont Brooke Shields, les super models, Madonna, Grace Jones ...

La mode des années 1990, l'anti fashion.

Ce mouvement aux multiples courants variés engendre le grunge dès le début de la décennie. L'« authenticité », émanant de l'écologie ou inspiré de modes ethniques, s'installe de façon durable ; elle entraînera une éphémère tendance « bohème » à l'aube de l'an 2000.

À l'opposé, les maisons italiennes dynamisent la mode en introduisant des styles sophistiqués et colorés, et également la sexualité comme inspiration majeure de leur image, le porno chic.

En parallèle, le sportswear, apparu bien avant avec l'usage des vêtements de sport par la rue, est toujours présent avec des créations plus sophistiquées. Les créateurs voguent pour la plupart à travers ces tendances, passant de l'une à l'autre au cours des années, de telle sorte qu'il est impossible de retenir un unique nom, style ou courant de mode.

Malgré l'arrivée de Christian Lacroix, c'est un peu la dégringolade dans la haute couture, la mode italienne et américaine remportant un franc succès. Les grands groupes achètent les grandes maisons.

Mc Queen, Galliano, Chanel et Lagerfeld, sont donc rejoints par Versace, Tommy Hilfiger, Calvin Klein et Ralph Lauren.




C'était un résumé exhaustif un peu superficiel ... le choix des photos, totalement subjectif n'engage que moi bien entendu ;-)

Et ci dessus, 2 petites vidéos assez magiques et qui font bien mieux le boulot que moi !!!

Un petit défi ? essayez de reconstituer une des modes balayées par l'article avec le stock du 21ème siècle de outfither :-)

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