Histoire de la chaussure


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Bien avant de porter des vêtements, l’homme a cherché à se protéger le pied du contact plus ou moins douloureux avec le sol. Il l’enveloppe d’une peau de bête et confectionne une semelle d’écorce ou de bois. La première chaussure, faite de cuir, est une enveloppe qui recouvre l'avant-pied et dont on a retrouvé le plus ancien exemplaire en Arménie où elle a été datée de 4000 ans. Le terme chaussure dérive du verbe chausser, issu du latin calceare “mettre des souliers”. Quelques siècles plus tard, Ötzi, l'homme retrouvé congelé depuis la Protohistoire, portait des mocassins de cuir garnis de foin pour isoler ses pieds de la neige des Alpes.

Dans les pays chauds comme l'Egypte, on porte la sandale, qui permet par sa forme étroite et libre d'évacuer le sable sans effort tout en se protégeant des aspérités du terrain. Le pied ainsi découvert s'aère tout en s'ornant chez les femmes de bijoux. Les impératrices romaines poussent le luxe et la séduction jusqu'à se parer de semelles d'or et de lanières en pierres précieuses. On est ici bien loin des sandales d'ouvriers que les Egyptiens réalisaient en 3500 ans avant J-C en enfonçant leurs pieds dans le sable humide et en moulant les empreintes de papyrus tressé.

A partir du Moyen Age, l’histoire des chaussures devient une affaire de statut social mais aussi de mode. Au XIII° siècle, la forme des souliers évolue avec la mode des chaussures à bouts pointus et longs : les poulaines. Ces chaussures de formes allongées avaient une extrémité pointue, souvent relevée, pouvant mesurer jusqu’à 50 cm. Le bout était alors rembourré avec de la mousse ou du chanvre pour le rendre plus rigide. Plus le rang social était élevé, plus la pointe était longue.

A la Renaissance, les chaussures retrouvent des bouts plus larges et plus pratiques ! Au XVI° siècle apparaissent ainsi les souliers à pied d’ours ou bec de canard, des souliers très ouverts à large bout carré. A la même époque, on trouve à Venise, les chaussures appelées chopines qui sont en fait des plates-formes recouvertes de cuir ou de velours incrusté de pierres précieuses, élevant les femmes jusqu'à 75 cm de hauteur. Aidées de deux domestiques, les riches aristocrates évoluent, perchées sur leurs échasses, avec la fierté d'un flamand rose et ce, en dépit des moqueries de leurs spectateurs qui viennent de tous les pays pour assister à cette mode, laquelle se révèle aussi ridicule que dangereuse. Les chaussures à semelles compensées qui reviennent en force dans les années disco puis dans les années 90 et 2000 en sont les modestes héritières. On vit porter les premiers talons hauts en 1533 quand Catherine de Médicis en rapporta de Florence pour son mariage avec le Duc d’Orléans. La Cour adopta vite le style !

Au XVII° siècle, les européennes chancelaient sur des talons de 5 pouces et s’aidaient de cannes pour marcher ! Les talons représentaient le luxe et les privilèges, la classe ouvrière ne pouvant se permettre de porter des chaussures non pratiques. En 1660, Louis XIV portait des chaussures à talons rouges.

Au XVIII° siècle, le bout des chaussures était pointu et avec des rubans et des boucles. Les talons avaient une forme courbe dans la bourgeoisie. A la fin des années 1760 les talons épais sont devenus plus fins. A la fin du XVIII° après la Révolution, les talons sont devenus de plus en plus petits et ont fini par disparaître, pour laisser place aux pantoufles en satin, soie ou cuir.

Au XIXe siècle, autrefois signe de puissance, la bottine représente l'égalité naissante entre hommes et femmes. Les bottes à cuissardes qui recelaient jadis les butins des pirates sont interdites aux femmes jusqu'au XIXe siècle. On raconte que Jeanne d'Arc fut entre autres accusée d'avoir porté des cuissardes d'homme. Tolérées pour la pratique du cheval, elles se chargent très vite d'une connotation érotique.

Au cours du XX° siècle, l’histoire des chaussures a été marquée par une grande diversité des formes, de l’invention du godillot au cours des années 1940 à celle des talons aiguille dans les années 1950. Durant la première guerre mondiale, les femmes qui ont participé à l’effort de guerre ont exigé des vêtements fonctionnels et confortables donc les talons ont baissé. Dans les années 20, les ourlets sont remontés, les jambes et les pieds plus exposés, les chaussures sont devenues plus importantes. Les couleurs, détails, formes ont commencé à se diversifier. Les talons hauts sont revenus car ils amincissaient le pied et donnaient un beau mollet. Toujours populaires dans les années 50, les talons hauts se sont fait aiguille vite adoptés par les stars hollywoodiennes ! Dans les années 60, le talon aiguille a un peu disparu laissant place aux bottes pour accompagner les mini jupes. Les années 70 virent arriver les chaussures à plateaux et les années 80 les chaussures de sport. Vous connaissez la suite !

La petite histoire de l'escarpin

Cette chaussure qui habille exclusivement les pieds des femmes était d'abord portée par les valets qui étaient obligés de crisper les orteils pour la garder en place. Chausson plat et léger, l'escarpin est à l'origine du nom "pompe" qui évoque en 1555 le bruit qu'il fait en frottant les parquets cirés. Charmées par la joliesse de la chaussure, les femmes s'en emparent dès le XVIIIe siècle en l'ornant de dentelles, de rubans et de talons. Dans les années 50, la version bicolore à bride et petit talon de Chanel et Massaro fait fureur. Autrement dit à l’origine, l’escarpin est ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui une sorte de ballerine !

Et vous ? Racontez nous vos chaussures, il parait que les femmes sont shoes addict !

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