Frida Kahlo


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Artiste peintre mexicaine, née le 6 juillet 1907 (date qu'elle falsifiera afin qu'elle coincide avec la révolution mexicaine du 7 juillet 1910) et morte le 13 juillet 1954.

Née d'une mère d'origines espagnoles et amérindiennes (détail qui a son importance lorsqu'on connait le prestige qu'il y avait à cette époque de descendre des conquérants "los Conquistadores", qui permettait de se différencier des indigènes et des métis) et d'un père allemand, photographe, arrivé au Mexique à l'âge de 19 ans,

Troisième des quatre filles du couple, elle est atteinte de la poliomyélite à 6 ans, une de ses jambes s'atrophiera, ce qui la fera boiter et subir les moqueries de ses camarades.

Différente, intelligente, volontaire, "garçon manqué", elle veut devenir médecin et fait partie des première jeunes filles à intégrer la Escuela Nacional Preparatoria en 1922, à l'âge de 16 ans.

Le 17 septembre 1925, un terrible accident de tramway la blesse gravement et la mutile à jamais (l'utérus transpercé, elle ne pourra jamais mener aucune grossesse à terme). La jambe droite déjà fragile et sa colonne vertébrale sont brisées en plusieurs endroits, et alors que plâtrée et immobilisée dans son lit pendant de longs mois, ne sachant pas si elle pourrait remarcher un jour, elle décide de se mettre à la peinture.

Depuis toujours attirée par les beaux arts, son père était un aquarelliste de talent, elle commence à peindre des auto-portrait à l'aide d'un ingénieux système de miroir suspendu au plafond, en guise de baldaquin, lui permettant ainsi de voir son reflet, et de plateau reposant sur son buste plâtré. Elle est ainsi aux premières loges pour assister aux ravages de l'accident et des nombreuses opérations chirurgicales qu'elle doit subir, avec une lucidité qui ne la quittera jamais.

Rétablie, sur les conseils de Tina Modotti, une photographe touche à tout d'origine italienne, avec qui on lui prête une liaison, elle s'inscrit au parti communiste mexicain. Très différente de ses trois soeurs, elle veut une vie de voyages, d'aventures, sans subir le machisme de la société mexicaine. Elle fait la rencontre de Diego Rivera (1886-1957) un grand peintre spécialisé dans les "murales" grandes fresques relatant notamment la révolution mexicaine.

Au départ, elle ne veut que son avis sur ses propres tableaux, et Diego est subjugué par la vitalité et la sensualité dégagées par les oeuvres de la jeune femme, qu'il considère comme une vraie artiste, mais aussi par elle même. Il a beau avoir 21 ans de plus qu'elle, ils tombent amoureux, et finissent par se marier en 1929. Leur amour tumultueux, n'est pas épargné par les orages, ni par les aventures extra-conjugales des deux intéressés.

En 1930 ils partent aux Etats Unis afin que Diego puisse peindre de grandes fresques, et c'est là que Frida décide d'assumer son extraordinaire style vestimentaire, où elle revendique le folklore amérindien, clairement opprimé dans ce pays, mais également sa beauté très (trop ?) typée. En effet avec ses sourcils épais, qui se rejoignent sur la racine du nez, et sa moustache brune qu'elle n'épile pas, elle dénote dans la bonne société WASP de San Francisco.

Après deux ans passés dans ce pays et plusieurs fausses couches, les tableaux qu'elle peint sont plus noirs que jamais. Elle a besoin de retourner de l'autre côté du Rio Grande, alors que Diego reste fasciné par la pays.

En 1935 et diverses péripéties (son mari la trompe ouvertement avec la plus jeune de ses soeurs) elle rencontre Léon Trotski, avec qui on lui prête une aventure aussi brève que passionnée. En 1938 elle rencontre André Breton et se défend d'être surréaliste malgré les scènes oniriques et décalées peintes dans ses oeuvres. Et une visite à Paris, la conforte dans cette idée, elle déteste ces intellectuels prétentieux, incapables de se révolter contre la montée de l'extrême droite en Espagne, Italie ou Allemagne.

Elle divorce de Diego en 1938, lasse de ses infidélités. Sa santé est de plus en plus fragile, elle subit de nouvelles opérations chirurgicales qui l'obligent de nouveau à peindre couchée. En 1940, elle épouse de nouveau Diego à sa demande. Leur vie est difficile lorsqu'ils sont ensemble, mais pire lorsqu'ils sont séparés.

En 1942, elle se met à tenir un journal dans lequel elle raconte son enfance, puis sa vie de tous les jours. De plus en plus fragilisée, elle est amputée de la jambe droite, à cause de la gangrène, ce qui soulage ses souffrances mais la plonge dans une profonde dépression. Elle a souvent envie de mourir et avec l'humour noir qui la caractérise, baptisera son dernier tableau "Viva la Vida !".

Affaiblie par une grave pneumonie, elle s'éteint, âgée d'à peine 47 ans. Elle sera incinérée, afin de pas être enterrée dans la position couchée qu'elle détestait tant.







Son œuvre comporte environ 250 tableaux, très souvent de petits formats, un certain nombre ayant été peints alors qu'elle était alitée. Elle a peint beaucoup d'auto portraits, témoignant souvent de sa souffrance physique et morale (Hôpital Henry-Ford, 1932, Sans espoir, 1945), seule ou en compagnie d'animaux (Autoportrait au collier d'épines et colibri (1940), Moi et mes perroquets (1941)…), parfois des portraits de famille. Ses toiles sont empreintes de culture mexicaine : tenue traditionnelle, bijoux locaux, portraits d'indigènes.

Le style Frida Kahlo

- des fleurs colorées piquées sur les cheveux tressés en couronne et entrelacés de rubans,

- des amples jupons colorés, brodés, superposés,

- des châles et écharpes aux tons chatoyants, drapés quelques fois quasiment comme des saris,

- l'utilisation des broderies ethniques,

- le mélange des motifs : fleurs art déco, motifs géométriques indiens, indiennes d'Inde, damas ...

- l'accumulation des bijoux folkloriques (souvent en rapport avec la mort) mélangés aux joyaux plus classiques de la bonne société espagnole

- le fort contraste des couleurs, associé au blanc virginal.

et cette crânerie inimitable (accentuée par la pose hiératique imposée par son dos brisé) avec laquelle elle assumait son physique d'"espagnole" car, dans cette société si codifiée, la pilosité sur le visage des femmes prouvaient qu'elles n'étaient ni indigènes, ni de sang-mêlé, associé à ses costumes d'indienne, sans parler de ses handicaps physiques et des douleurs qu'ils lui faisaient endurer.


Et quelques très libres interprétations de mon cru ...

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